Paprika: rêve épicé

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Lorsque le film est sorti, on m’avait conseillé d’aller voir Paprika. Faute de temps, j’ai laissé les mois passer et j’en ai fini par oublier ce film. Mon erreur est enfin réparée. En effet, ce film est un petit bijou. Dernière réalisation en date de Satoshi Kon (Perfect Blue, Tokyo Godfathers), ce film  de 2006 est inspiré de l’oeuvre  du même nom de Yasutaka Tsutsui. On les retrouve d’ailleurs tous les deux aux postes de doubleur des barmen.

Un bref aperçu de l’intrigue de ce thriller: Les D.C. mini sont des machines qui permettent d’entrer dans les rêves des utilisateurs, de les enregistrer et Paprika s’en sert comme outil thérapeutique pour soigner ses patients. L’utilisation des D.C. minis est à double tranchant: elles permettent non seulement d’analyser les rêves, mais aussi d’influer sur ces derniers. Entre de mauvaises mains, elles pourraient donc se révéler dangereuses. Le vol d’un exemplaire de D.C. mini va amener la panique chez ses concepteur qui vont tenter, avec l’aide du commissaire Konakawa, de trouver qui se cache derrière et quelles sont ses intentions.

J’ai été captivé de la première à la dernière minute, et puis les films d’animation pour adulte se font rares chez nous. Aucune raison de se priver donc: si vous ne l’avez pas vu, je ne peux que vous le conseiller!

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Parlons un peu de la réalisation. J’ai trouvé le film vraiment beau, très agréable à regarder, et l’animation est de qualité. Le chara-design est  efficace:  le personnage de Paprika est particulièrement réussi et reflète sa personnalité pétillante. Les jeux de couleurs m’ont permis de ne pas être largué par les aller-retours  entre le monde des rêves et la réalité, du moins dans une premières partie, la distinction étant plus ambigüe  sur la fin.  L’utilisation d’images de synthèse est vraiment subtile, d’ailleurs si je n’avais pas regardé le DVD de commentaires, je ne l’aurai même pas remarqué. La bande son, très sinusoïdale, est magnifique et s’intègre parfaitement à l’esprit du film. Le monde du rêve est  bien restitué: succession de plans sans rapport entre eux (la scène d’introduction par exemple), passages complètement délirants, souvenirs refoulés… J’ai presque envie de dire que c’est réaliste. Une scène phare du film reflète ce délire: la parade.

La scène de la parade, récurrente dans le film, est parfaitement réalisée et maitrisée, à l’image du film. Véritable agrégat de rêves (50% de délires, 40% de refoulement… en regardant bien, on y voit même le symbole du rêve américain) déambulant dans les rues, la parade entraine tout sur son passage, y compris le spectateur.

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Le cinéma a une part importante dans Paprika. Le commissaire a une relation toute particulière avec le cinéma; cinéphile refoulé, il a été réalisateur amateur dans sa jeunesse… et on le retrouve tout au long du film dans des situations en rapport avec le cinéma: salle de projection, rue abondant d’affiches de films, scènes de films populaires… Le cinéma, c’est une usine qui distribue du rêve en bobines. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si la salle de cinéma dans le film sert de connexion, de passerelle entre le monde des rêves et la réalité. idée que j’ai particulièrement apprécié. Le clin d’oeil non dissimulé aux autres films de Satoshi Kon m’a d’ailleurs donné envie de revoir Perfect Blue! Je suis une proie facile…

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Oka

2 réponses

  1. Une proie Oo, plutot un prédateur pour etre capable de dévorer cowboy bebop en une nuit.

  2. Les deux à la fois! :3 C’est la dure loi de la jungle.
    Le système proie/prédateur de Voltera résume ça très bien.

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